Invitée de Rue89, la présidente du Front national décrit son monde idéal : une France sans regroupement familial et dans laquelle les flics seraient moins timides.
Marine Le Pen à Rue89 (Audrey Cerdan/Rue89)
Marine Le Pen est arrivée, ce mercredi matin, directement après une interview à la radio. Chauffée. « Un tour à France Inter, rien de mieux pour comprendre pourquoi on se bat »,
dit-elle dans les escaliers. On comprend qu'elle pense à la bien-pensance, au mépris des bobos de gauche qui peuplent selon elle les médias. Comme les autres personnalités reçues dans le cadre
de nos « Face aux riverains », la candidate du FN a passé une bonne
heure dans nos locaux.
Ces jours-ci, tout le monde l'interroge sur la crise de l'euro. Elle admet que cela impliquerait probablement la mise en place d'un contrôle des changes, « tant que cela sera
nécessaire ». Pour éviter la fuite des capitaux. Bravache, elle affirme que le franc vaudra, après dévaluation, « comme le dollar ». Ah.
Ce « centre d'incitation à l'avortement »
Elle est moins catégorique sur ce qui n'est pas évoqué dans sa plateforme présidentielle : elle envisage toujours un déremboursement de l'IVG et de mettre au pas le
Planning familial, ce « centre d'incitation à l'avortement », « en lui donnant des instructions ».
« Je dis, s'il y a un choix à faire, s'il y a vraiment des économies à faire, l'avortement est quelque chose qu'on peut éviter après tout, il y a des modes de contraception qui
permettent d'éviter d'avoir une grossesse non désirée. Si j'ai un choix à faire, je vais l'assumer. »
« L'asile, c'est devenu n'importe quoi »
Elle compte réduire l'immigration légale à 10 000 personnes. Elle veut stopper toute immigration du travail (« aucun sens ») et renoncer au regroupement familial. Une majorité
d'étudiants (ils étaient 66 000 à entrer en France en 2010) et un peu d'asile politique mais avec des critères plus fermes.
« Aujourd'hui, c'est devenu n'importe quoi. Les réclamations sortent totalement des critères du droit d'asile, qui existent depuis toujours.
Les dissidents soviétiques, les poètes ou écrivains maudits dans leur pays... Ce n'est plus du tout ça. Le droit d'asile est détourné par une immigration économique. »
Réarmer moralement les policiers
Dans le monde de Marine Le Pen, les policiers sont toujours malmenés par les délinquants. C'est d'un « réarmement moral » (« shoot » d'ego) dont ils ont besoin, avec la mise
en place d'une présomption de légitime défense :
« On est dans une situation où, dès qu'il y a une arrestation, le policier est convoqué devant sa hiérarchie pour s'expliquer, pour se justifier, parce qu'il est accusé par le délinquant
ou le criminel d'avoir dit ceci, d'avoir fait cela. Les policiers ont presque peur de faire leur métier maintenant, et on en arrive à des drames. »
Marine Le Pen nous a confirmé qu'elle interdirait les manifestations de soutien aux sans-papiers.